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Tome second.
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42 LIVRE VIII.

le Kremlin , et s’inquiètent pour cette en-ceinte , où reposaient l’élite de l’armée et sonchef. Ils craignent aussi pour toutes les mai-sons environnantes, où nos soldats , nos genset nos chevaux, fatigués et repus, sont sansdoute ensevelis dans un profond sommeil.Déjà des flammèches et des déhris ardents vo-laient jusque sur les toits du Kremlin , quandle vent du nord, tournant vers l’ouest, leschassa dans une autre direction.

Alors, rassuré sur son corps d’armée , l’unde ces officiers se rendormit en s’écriant :« C’est à faire aux autres, cela ne nous re-» garde plus. » Car telle était l’insouciancequi résultait de cette multiplicité d’événe-ments et de malheurs sur lesquels on étaitcomme blasé, et tel l’égoïsme produit parl’excès de fatigue et de souffrance , qu’ils nelaissaient à chacun , que la mesure de forceset de sentiment indispensables pour son ser-vice, et pour sa conservation personnelle.

Cependant, de vives et nouvelles lueursles réveillent encore ; ils voient d’autresflammes s’élever précisément dans la nouvelledirection, que le vent venait de prendre surle Kremlin , et ils maudissent l'imprudence etl’indiscipline française , qu’ils accusent de cedésastre. Mais trois fois le vent change ainsidu nord à l’ouest , et trois fois ces feuxennemis , vengeurs , obstinés , et commeacharnés contre le quartier impérial, se mon-