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Tome second.
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CHAPITRE VIII.

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CHAPITRE VIII.

Les camps qu’il traversa pour y arriveroffraient un aspect singulier. C'étaient au mi-lieu des champs , dans une fange épaisse etfroide , de vastes feux entretenus par des meu-bles d'acajou, par des fenêtres et des portesdorées. Autour de ces feux , sur une litière depaille humide , qu’abritaient mal quelquesplanches, on voyait les soldats et leurs of-ficiers , tout tachés de boue et noircis de fu-mée , assis dans des fauteuils , ou couchés surdes canapés de soie. A leurs pieds étaientétendus ou amoncelés les sclialls de cache-mire, les plus rares fourrures de la Sibérie ,des étoffes d’or de la Perse , et des plats d’ar-gent dans lesquels ils n’avaient à mangerqu’une pâte noire, cuite sous la cendre, etdes chairs de cheval à demi grillées et san-glantes. Singulier assemblage d’abondance etde disette, de richesse et de saleté , de luxe etde misère !

Entre les camps et la ville, on rencontraitdes nuées de soldats traînant leur butin , ouchassant devant eux, comme des bêtes desomme, des mougiks courbés sous le poids du