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Tome second.
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56 LIVRE VIII.

pillage de leur capitale ; car l’incendie montraprès de vingt mille habitants, inaperçus jus-que là dans cette immense cité. Quelques-unsde ces Moscovites, hommes ou femmes, pa-raissaient bien vêtus ; c’étaient des marchands.On les vit venir se réfugier, avec les débris deleurs biens, auprès de nos feux. Ils y vécurentpêle-mêle avec nos soldats , protégés par quel-ques-uns, et soufferts ou à peine remarquéspar les autres.

11 en fut de même d’environ dix mille sol-dats ennemis. Pendant plusieurs jours , ilserrèrent au milieu de nous, libres, et quel-ques-uns même encore armés. Nos soldats ren-contraient ces vaincus sans animosité , sanssonger à les faire prisonniers, soit qu’ils crus-sent la guerre finie , soit insouciance ou pitié,et que , hors du combat, le Français se plaiseà n’avoir plus d’ennemis. Ils les laissaient par-tager leurs feux ; bien plus , ils les souffrirentpour compagnons de pillage. Lorsque le dés-ordre fut moins grand, ou plutôt quand leschefs eurent organisé cette maraude commeun fourrage régulier, alors ce grand nombrede traîneurs russes fut remarqué. On ordonnade les saisir, mais déjà sept à huit mille s’é-taient échappés. Nous eûmes bientôt à lescombattre.

En entrant dans la ville, l’empereur futfrappé d’un spectacle encore plus étrange ; ilne retrouvait de la grande Moscou que quel-