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Tome second.
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CHAPITRE VIII. 5g

par un riche pillage, que le caprice a faitabandonner pour un autre butin : car voilà lessoldats ; ils recommencent sans cesse leur for-tune , prenant tout sans distinction, se char-geant outre mesure, comme s'ils pouvaienttout emporter; puis, au bout de quelquespas , forcés par la fatigue de jeter successive-ment la plus grande partie de leur fardeau.

Les routes en sont obstruées ; les placescomme les camps sont devenus des marchésoù chacun vient échanger le superflu contrele nécessaire. Là, les objets les plus rares,inappréciés par leuis possesseurs ,. sont ven-dus à vil prix; d’autres, d’une apparencetrompeuse, sont acquis bien au-dela de leurvaleur. L’or, plus portatif, s’achète à uneperte immense , pour de l’argent que les lia-vre-sacs n’auraient pas pu contenir. Partoutdes soldats assis sur des ballots de marchandi-ses , sur des amas de sucre et de café, au mi-lieu des vins et des liqueurs les plus exquises,qu’ils voudraient échanger contre un morceaude pain. Plusieurs , dans une ivresse qu’aug-mente l’inanition , sont tombés près des flam-mes , qui les atteignent et les tuent.

Néanmoins , la plupart des maisons et despalais qui avaient échappé au feu servirentd’abri aux chefs, et tout ce qu elles conte-naient fut respecté. Tous voyaient avec dou-leur cette grande destruction, et le pillagequi en était, la suite nécessaire. On a reproché