66 LIVRE VIII.
» encourage de ses regards ! Servons - lui« d’exemple, et saluons la main qui nous» choisit pour être la première des nations» dans la cause de la vertu et de la liberté. »II terminait par une invocation au Tout-Puis-sant.
Les Russes parlent diversement de leur gé-néral et de leur empereur. Pour nous, commeennemis , nous ne pouvons juger nos ennemisque par les faits. Or telles furent leurs pa-roles, et leurs actions y répondirent. Compa-gnons , rendons-leur justice ! Leur sacrifice aété complet, sans réserve, sans regrets tar-difs. Depuis ils n’ont rien réclamé, même aumilieu de la capitale ennemie qu’ils ont pré-servée. Leur renommée en est restée grandeet pure. Ils ont connu la vraie gloire ; et ,quand une civilisation plus avancée aura pé-nétré dans tous leurs rangs, ce grand peupleaura son grand siècle, et tiendra à son tource sceptre de gloire, qu’il semble que les na-1ions de la terri doivent se céder successi-vement.
Cette marche tortueuse que fit Kutusof,par indécision ou par ruse , lui réussit. Muratperdit sa trace pendant trois jours. Le Russe en profita pour étudier son terrain et s’y re-trancher. Son avant-garde allait atteindre Vo-ronowo , l’une des plus belles possessions ducomte Rostopschine , lorsque ce gouverneurprit les devants. Les Russes crurent que ce