7 8 LIVRE VIII.
le front des deux camps , et non pour leursflancs. Ce fut ainsi du moins que les Russes l’interprétèrent. On ne pouvait amener unconvoi , ni faire un fourrage sans combattre ;de sorte que la guerre continuait partout ,excepté où elle pouvait nous être favorable.
Pendant les premiers jours qui suivirent ,Murat se complut à se montrer aux avant-postes ennemis. Là , il jouissait des regardsque sa bonne mine , sa réputation de bra-voure et son rang attiraient sur lui. Les chefsrusses n’eurent garde de le dégoûter ; ils lecomblèrent de toutes les marques de défé-rence propres à entretenir son illusion. Ilpouvait ordonner à leurs vedettes comme auxFrançais . Si quelque partie du terrain qu’ilsoccupaient lui convenait, ils s’empressaientde la lui céder.
Des chefs cosaks allèrent jusqu’à feindrel’enthousiasme , et à dire qu’ils ne reconnais-saient plus pour empereur que celui qui ré-gnait à Moscou . Murat crut un instant qu’ilsne se battraient plus contre lui. Il alla plusloin. On entendit Napoléon s’écrier, en lisantses lettres : « Murat , roi des Cosaks Quelle» folie ! » Toutes les idées possibles venaientà des hommes à qui tout était arrivé.
Quant à l’empereur, qu’on ne trompaitguère , il n’eut que quelques instants d’unejoie factice. Il se plaignit bientôt « de ce« qu’une guerre irritante de partisans volti-