88 LIVRE VIII.
de Lobau ne peut vaincre la sienne : par là ,il veut sans doute faire comprendre à son aide-de-camp ce qu’il désire que les autres croient,et que rien ne pourra ébranler sa résolution.
Néanmoins, Murat lui a fait parvenir les crisde détresse de son avant-garde. Ils effraientBertliier. Mais Napoléon appelle l’officier quiles apporte ; il le presse de ses interrogations,l’étonne de ses regards, l'accable de son incré-dulité. Les assertions de l’envoyé de Murat per-dent de leur assurance. Napoléon se sert de sonhésitation pour soutenir l’espoir de Benhier,pourlui persuader qu’on peut encore attendre ;et il renvoie l’officier au camp de Murat avecl’opinion, qu’il répandra sans doute, que l’em-pereur est décidé, qu’il a sûrement ses raisonspour persister ainsi, et qu’il faut que chacunredouble d’efforts. Et réellement, pendantquelques jours encore , la fierté d’une conte-nance inébranlable pouvait seule appuyer sesnégociations.
Cependant, l’attitude de son armée secon-dait son désir. La plupart des officiers persévé-raient dans leur confiance. Les simples soldats,qui, voyant toute leur vie dans le momentprésent, et qui, attendant peu de l’avenir, nes’en inquiètent guère, conservaient leur in-souciance, la plus précieuse de leurs qualités.A la vérité, les récompenses que , dans lesrevues journalières , l’empereur leur prodi-guait , n’étaient plus reçues qu’avec une joie