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Tome second.
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CHAPITRE XI. 89

grave , mêlée de quelque tristesse. Les placesvides qu’on allait remplir étaient encore tou-tes sanglantes. Ces faveurs menaçaient.

D’autre part, depuis Vilna , beaucoupAvaient jeté leurs vêtements d’hiver, pour secharger de vivres. La route avait détruit leurchaussure ; le reste de leurs vêtements étaitUsé par les combats ; mais , malgré tout, leurattitude restait haute ! Ils cachaient avec soinleur dénuement devant leur empereur, et separaient de leurs armes éclatantes et bien ré-parées. Dans cette première cour du palais(les czars, à huit cents lieues de leurs res-sources , et après tant de combats et de bi-vouacs , ils voulaient paraître encore propres,Prêts etbrillants ; car c’est là l’honneur du sol-dat : ils y attachaient encore plus de prix à causede la difficulté, pour étonner, et parce que1 homme s’enorgueillit de tout ce qui est effort.

L’empereur s’y prêtait complaisamment ,s aidant de tout pour espérer, quand vinrenttout-à-coup les premières neiges. Avec ellestombèrent toutes les illusions dont il cher-chait à s’environner. Dès-lors, il ne songe plus<lu’à la retraite, sans toutefois en prononcerle nom , sans qu’on puisse lui arracher un or-dre qui l’annonce posititement. Il dit seule-ment que, dans vingt jours, il faudra que1 armée soit en quartier d’hiver, et il pressele départ de ses blessés Là, comme ailleurs ,sa fierté ne peut consentir au moindre aban-

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