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Tome second.
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LIVRE IX.

Français , ramassés au fond d’un ravin, ontvaincu cinquante mille Russes placés au-des-sus de leurs têtes, et secondés par tous les ob-stacles que peut offrir une ville bâtie sur unepente rapide.

Toutefois, l’armée contemplait avec tris-tesse ce champ de bataille , où sept générauxet quatre mille Français et Italiens venaientd’être blessés ou tués. La vue des pertes del’ennemi 11e consolait pas ; elle n’était pas double de la nôtre, et leurs blessés seraient sau-vés. On se rappelait d’ailleurs que, dans unepareille position, Pierre I er , en Sacrifiant dixRusses contre un Suédois , avait cru, non-seu-lement ne faire qu’une perte égale, mais mêmegagner à ce terrible marché. On gémissait sur-tout, en pensant qu’Un choc si sanglant eût puêtre épargné.

En effet , des feux qui brillèrent sur notregauche, dans la nuit du a 3 au 24, avertirentdu mouvement des Russes vers Malo-Iarosla-vetz ; et cependant on remarquait qu’on yavait marché languissamment; qu’une divisionseule , jetée à trois lieues de tout secours , yavait été négligemment aventurée ; que lescorps d’armée étaient restés hors de portée lesuns des autres. Qu’étaient devenus ces mou-vements rapides et décisifs de Marengo, d’Ulmet d’Eckmühl 1 Pourquoi cette marche molleet pesante , dans une circonstance si critique !Était-ce notre artillerie et nos bagages qui