CHAPITRE IV. i2i
habitation d’un obscur artisan , renfermaitu u empereur , deux rois , trois générauxarmée. Ils allaient y décider de l’Europe etde l'année qui l’avait conquise. Smolensk e iait le but ! Y marcliera-t-on par Kalouglia,Medyn ou Mojaïsk ? Cependant Napoléon estassis devant une table; sa tête s’appuie surses mains qui cachent ses traits, et sans douteaussi la détresse qu’ils expriment.
On respectait un silence plein de destinéessi imminentes , quand Murat , qui ne mar-chait que par bonds , se fatigue de cette hé-sitation. N’écoutant que son génie , toutentier dans la chaleur de son sang, il s’élancehors de cette incertitude par un de ces pre-miers mouvements qui élèvent ou précipitent.
11 se lève , il s’écrie « qu’on pourra l’ae-” cuser encore d’imprudence , mais qu’à la® guerre c’est aux circonstances à décider de® tout, et à donner à chaque chose son nom :” que là où il n’y a plus qu’à attaquer , la“ prudence devient témérité , et la témérité* prudence ; que s’arrêter est impossible ,® fuir dangereux ; qu’il faut donc poursuivre.” Qu’ importe cette attitude menaçante des“ Russes , et leurs bois impénétrables ! il les" méprise. Qu’on lui donne seulement les” restes de sa cavalerie et celle de la garde ,}> et il va s’enfoncer dans leurs forêts , dansleurs bataillons , renverser tout , et rou-vrir à l’armée la route de Kalouglia. »