14.4 LIVRE IX.
combat terrible , et dix jours de marche et decontre-marches, l’armée, qui n’avait emportéde Moscou que quinze rations de farine parhomme, n’était avancée dans sa retraiteque detrois journées. Elle manquait de vivres, et l’hi-ver l’avait atteinte.
Déjà quelques hommes succombaient. Dèsles premiers jours de la retraite, le 26 octobre,on avait brûlé des voitures de vivres que leschevaux ne pouvaient plus traîner. L’ordre detout incendier derrière soi vint alors; on obéiten faisant sauter dans les maisons des caissonsde poudre dont les attelages étaient déjà épui-sés. Mais enfin l’ennemi ne reparaissant pas en-core, nous semblions ne recommencer qu’unpénible voyage; et Napoléon , en revoyantcette route connue, se rassurait, quand, versle soir, un chasseur russe prisonnier lui fut en-voyé par Davout .
D’abord il le questionna négligemment; maisle hasard voulut que ce Moscovite eût quelqueidée des routes, des noms et des distances ; ilrépondit que toute l’armée russe marchait paru Medyn sur Viazma. » Alors l’empereur de-vint attentif. Kutusof voulait-il le prévenir là,comme à Malo-Iaroslavetz , lui couper sa re-traite sur Sinolensk comme celle de Kalougha,l’enfermer dans ce désert, sans vivres , sansabri, et au milieu d’une insurrection générale?Cepéndant, sou premier mouvement le portaà mépriser cet avis ; car, soit fierté , soit ex-