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Tome second.
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i5o LIVRE IX.

» nemi l'effet de cette barbarie? Ne lui lais-» sions-nous pas nos blessés, une foule de pri-» sonniers ? Lui manquerait-il de quoi exer-» cer d’horribles représailles? «

Napoléon garda un sombre silence, mais lelendemain ces meurtres avaient cessé. On secontenta de laisser ces malheureux mourir defaim dans les enceintes où, pendant la nuit, onles parquait comme des bêtes. C’ était sans douteencore une barbarie; mais quepouvait-on faire?Les échanger? l’ennemi s'y refusait. Les relâ-cher? ils auraient été publier le dénuement gé-néral, et, bientôt réunis à d’autres, ils seraientrevenus s’acharner sur nos pas. Dans cetteguerre à mort, leur donner la vie , c’eût étése sacrifier soi-même. On fut cruel par néces-sité. Le mal venait de s’être jeté dans une siterrible alternative.

Au reste, dans leur marche, vers l’intérieurde la Russie , nos soldats prisonniers ne furentpas traités- plus humainement,, et là , pour-tant, l’impérieuse nécessité n’était point uneexcuse.

Enfin on atteignit Gjatz avec la nuit ; maiscette première journée d’hiver avait été cruel-lement remplie. L’aspect du champ de ba-taille, de ces deux hôpitaux abandonnés, cettemultitude de caissons livrés aux flammes ,ces Russes fusillés, l’excessive longueur dela route , les premières atteintes de l’iii-ver, tout la rendit funeste ; la retraite deve-