*54 LIVRE IX.
» tout co qu’il avait à surmonter : c’était un» pays complètement dévasté , des maisons ,» des arbres brûlés jusqu’à leurs racines , car» ce n’était pas à lui , qui venait le dernier ,» qu’on avait laissé l’ordre de tout détruire ;» l’incendie le précédait. Il semblait qu’on eût» oublié l’arrière-garde ! et sans doute qu’on» oubliait de même ce chemin couvert d’un» givre battu et miroité par les pas de tous» ceux qui le devançaient ; et ces gués défon-» cés , ces ponts rompus , qu'on n'avait eu» garde de réparer , chaque corps , hors des» combats, ne s'occupant que de lui seul.
» Ignorait-on encore que toute la foule dé-» solée des traîneurs des autres corps, à che-» val , à pied , en voiture , s’ajoutait à ces» embarras, comme dans un corps malsain» tous les maux accourent et se réunissent sur» la partie la plus attaquée. Chaque jour il» marchait entre ces malheureux et les Co-» saks , poussant les uns et poussé ‘par les» autres.
» C’était ainsi qu'après Gjatz il avait trouvéa le bourbier de Czarewo-Zaïmicze sans pont)> et tout encombré d’équipages. Il les avaita arrachés de ce marais à la vue des ennemis,« et si près d'eux que leurs feux éclairaienta ses travaux, et que le bruit de leurs tam-» bours se mêlait à sa voix. » Car ce maréchalet ses généraux ne pouvaient encore se résou-dre à laisser à l’ennemi tant de trophées ; ils