156 LIVRE IX.
sacrifices, le vice-roi et le prince d’Eckmiildétaient arrivés, le 2 novembre , à deux lieuesde Viazina. Il est certain que ce jour-là mêmeils eussent pu dépasser cette ville, se réunirà Ney et éviter un combat désastreux. On as-sure que ce fut l’avis du prince Eugène , maisque Davout crut ses troupes trop fatiguées,et que le vice-roi, se sacrifiant à son devoir ,s’arrêta pour partager un danger qu’il pré-voyait. Les généraux de Davout disent aucontraire que le prince Eugène , déjà campé ,ne put se décider à ordonner à ses soldats d’a-bandonner leurs feux et leurs repas déjà com-mencés , dont les apprêts étaient toujours sipénibles.
Quoi qu’il en soit, pendant le calme trom-peur de cette nuit , l’avant-garde russe arri-vait de Malo-Iaroslavetz , où notre retraiteavait fait cesser la sienne : elle côtoyait lesdeux corps français et celui de Poniatowsky ,dépassait leurs bivouacs, et disposait ses co-lonnes d’attaque contre le flanc gauche de laroute, dans l’intervalle de deux lieues qu’a-vaient laissé Davout et Eugène entre eux etViazma.
Miloradowitch, celui qu’on appelait le Mu-rat russe , commandait cette avant-garde. C’é-tait , selon ses compatriotes , un guerrier in-fatigable , avantageux, impétueux comme ceroi soldat, d’une stature aussi remarquable ,comme lui, favorisé de la fortune. Jamais on