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Tome second.
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i68 LIVRE XI.

découragement.Ce furentles officiers, les sous-officiers et des soldats tenaces. Ceux-là furentdes lionnnes extraordinaires : ils s’encoura-geaient en répétant le nom de Smolenslc, dontils se sentaient approcher, et où tout leur avaitété promis.

Ce fut ainsi que, depuis ce déluge de neigeet le redoublement de froid qu’il annonçait ,chacun, chef comme soldat, conserva ou per-dit sa force d’esprit, suivant son caractère, sonâge et son tempérament. Celui de nos chefs quejusque-là on avait vu le plus rigoureux pourle maintien de la discipline, ne se trouva plusl’homme de la circonstance. Jeté hors de tou-tes ses idées arrêtées de régularité, d’ordre etde méthode , il fut saisi de désespoir à la vued’un désordre si général, et, jugeant avant lesautres tout perdu , il se sentit lui-même prêtà tout abandonner.

DeGjatz à Mikalewska , village entre Doro-gobouje et Smolensk, il n’ arriva rien de remar-quable dans la colonne impériale , si ce n’estqu’il fallut jeter dans le lac de Semlevvo les dé-pouilles de Moscou : des canons, des armuresgothiques, ornements du Kremlin , et la croixdu grand Yvan , y furent noyés ; trophées ,gloire, tous ces biens auxquels nous avionstout sacrifié, devenaient à charge : il ne s’agis-sait plus d’embellir, d’orner sa vie, mais de lala sauver. Dans ce grand naufrage, l’armée ,comme un grand vaisseau battu par la plus lior-