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Tome second.
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1 7 0 LIVRE IX.

d’apporter la nouvelle de cette étrange conju-ration tramée dans Paris même, par un géné-ral obscur, et au fond d’une prison. Il n’avaiteu d’autres complices que la fausse nouvelle denotre destruction , et de faux ordres à quel-ques troupes , d’arrêter le ministre, le préfetde police et le commandant de Paris.Tout avaitréussi par l’impulsion d’un premier mouve-ment , par l’ignorance et par l'étonnement gé-néral ; mais aussi , dès le premier bruit quis’en était répandu, un ordre avait suffi pourrejeter dans les fers le chef avec ses complicesou ses dupes.

L’empereur apprenait à la fois leur crime etleur supplice. Ceux qui de loin cherchaient àlire sur ses traits ce qu’ils devaient penser, n’yvirent rien. 11 se concentra; ses premières etseules paroles à Daru furent : « Eh bien ! si nousm étions restés à Moscou ! » Puis il se liàta d’en-trer dans une maison palissadée qui avait servide poste de correspondance.

Dès qu'il fut, seul avec ses officiers les plusdévoués, toutes ses émotions éclatèrent à la foispar des exclamations d’étonnement , d’humi-liation et de colère. Quelques instants après illit venir plusieurs autres militaires , pour re-marquer l’effet que produisait une si étrangenouvelle. Il vit une douleur inquiète , de laconsternation , et la confiance dans la stabilitéde son gouvernement tout ébranlée. Il putsavoir qu’on s’abordait en gémissant et en ré-