CHAPITRE XII. 171
Pétant, qu’ainsi la grande révolution de [789,qu'on avait crue terminée, ne l’était donc pas.Déjà vieilli par les efforts qu’on avait faits pouren sortir, fallait-il donc s’y replonger de nou-veau et rentrer encore dans la terrible carrièredes bouleversements politiques? Ai nsi la guerrenous atteignait partout, et nous pourrions per-dre tout à la fois.
Quelques-uns se réjouirent de cette nou-velle , dans l’espoir qu’elle bâterait le retourde l’empereur en France , qu elle l’y fixerait,et qu’il n’irait plus se risquer au dehors, n’é-tant pas sûr du dedans. Le lendemain les souf-frances du moment firent cesser les conjectu-res. Quant à Napoléon , toutes ses pensées leprécédaient encore dans Paris , et il s’avançaitmachinalement vers Smolensk , quand lui-même fut rappelé tout entier au lieu et aumoment présent, par l'arrivée d’un aide-de-camp de Ney.
Depuis Viazma, ce maréchal avait commencéà soutenir cette retraite , mortelle pour tantd’autres, et pour lui immortelle. Jusqu’à Do-fogobouje , elle n'avait été inquiétée que parquelques bandes de Cosaks , insectes impor-tuns , qu’attiraient nos mourans et nos voitu-res abandonnées, fuyant partout où l’on por-tait la main , mais fatiguant par leur retourcontinuel.
Ce n’était point le sujet du message deNey.En approchant de Dorogobouje , il avait ren-