186 LIVRE IX.
» tions ! L’armée n'aurait-elle jamais que ses» restes? pour les obtenir, faudrait-il toujours» attendre qu elle fût rassasiée ?» On ne pou-vait leur répondre , qu’essayer de tout sauverce serait tout perdre ; qu’il fallait du moinsconserver un corps entier, et donner la préfé-rence à celui qui, dans une dernière occasion,pourrait faire un plus puissant effort.
Cependant, ces malheureux sont dans cetteSmolensk tant désirée ; ils ont laissé les rampesdu Borysthène jonchées des corps mourants desplus faibles d’entre eux : l’impatience , et plu-sieurs heures d’attente les ont achevés. Ils enlaissent d’autres sur l’escarpement de glacequ’il leur faut surmonter pour atteindre lahaute ville. Le reste court aux magasins , et là,il en expire encore pendant qu’ils en assiègent jles portes ; car on les en a repoussés : « Qui !» sont-ils? de quel corps? comment les recon-» naître? Les distributeurs des vivres en sont 1a x-esponsahles, ils ne doivent les délivrer qu’à j» des officiers autorisés , et porteurs de reçus j» contre lesquels ils échangeront les rations» qui leur sont confiées, et ceux qui se pré-i> sentent n’ont plus d’officiers , ils ne savent» où sont leurs régiments. » Les deux tiers del’armée sont ainsi.
Ces infortunés se répandent dans les rues ,n’ayant plus d’espoir que le pillage. Mais par-tout des chevaux disséqués jusqu’aux os leufannoncent la famine : partout les portes et le*