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Tome second.
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CHAPITRE XIV. i85

leur foule désordonnée , leurs figures hâves ,noircies de terre et de fumée , leurs unifor-mes en lambeaux, les vêtements bizarres parlesquels ils y ont suppléé , enfin leur aspectétrange, hideux , et leur ardeur effrayante ,ont épouvanté. On a cru que si l’on ne re-poussait l’irruption de cette multitude enragéede faim , elle mettrait tout au pillage, et lesportes lui ont été fermées.

On espérait aussi que, par cette rigueur, onforcerait à se rallier. Alors, dans les restes decette malheureuse armée , il s’est établi unehorrible lutte entre l’ordre et le désordre. C’estvainement que les uns ont prié, pleuré, con-juré, qu'ils ont menacé et cherché à ébranlerles portes , qu’ils sont tombés mourants auxpieds de leurs compagnons chargés de les re-pousser ; ils les ont trouvés inexorables : il afallu qu’ils attendissent l’arrivée de la premièretroupe , encore commandée et en ordre.

C’était la vieille et la jeune garde. Les hom-mes débandés n’entrèrent qu’à sa suite : euxet les autres corps, qui , depuis le 8 jusqu’au14 , arrivèrent successivement, crurent qu’onn’avait retardé leur entrée que pour donnerplus de repos et de vivres à cette garde. Leurssouffrances les rendirent injustes , ils la mau-dirent : « Seraient-ils donc sans cesse sacrifiés" à cette classe privilégiée ! à cette vaine pa-rure qu’on ne voyait plus la première qu’auxrevues, aux fêtes , et surtout aux distribu-

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