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Tome second.
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CHAPITRE XIY. 189

riz et eau-de-vie. La viande manquait. On en-tendit ses cris de fureur contre l’un des hom-mes chargés de cet approvisionnement. Le mu-nitionnaire n’obtint la vie qu'en se traînantlong-temps sur ses genoux aux pieds de Napo-léon . Peut-être les raisons qu’il donna, firent-elles plus pour lui que ses supplications.

« Quand il arriva, dit-il, les bandes de» traîneurs qu’en s’avançant l’armée laissa« derrière elle, avaient comme enveloppé» Smolensk de terreur et de destruction. On» y mourait de faim comme sur la route. Lors-» qu’un peu d’ordre avait été rétabli, les juifs« seuls s’étaient d’abord offert pour fournir les» vivres qui manquaient. De plus nobles mo-» tifs avaient ensuite attiré les secours de quel-» ques seigneurs lithuaniens. Enfin la tête des» longs convois de vivres, rassemblés en Alle-» magne, avait paru. C’étaient les voitures» comtoises ; elles seules avaient traversé les» sables lithuaniens, encore n’avaient-elles» apporté que deux cents quintaux de farine» et de riz : plusieurs centaines de bœufs al-» lemands et italiens étaient aussi arrivés» avec elles.

» Cependant, l’entassement des cadavres» dans les maisons , les cours et les jardins ,» et leurs exhalaisons morbifiques, empestaient» l’air. Les morts tuaient les vivants. Les em-» ployés , comme beaucoup de militaires,» avaient été atteints : les uns étaient deve-