t 9 6 LIVRE X.
Dans cette situation , les Russes s’enhardis-saient chaque jour de plus en plus ; enfin , le17 octobre , les avant-postes de Saint-Cyr fu-rent repoussés sur son camp, et Wittgensteins’empara de tous les débouchés des bois quienvironnent Polotsk . Il nous menaçait d’unebataille qu’il ne croyait pas qu’on osât ac-cepter.
Le maréchal français, sans instruction deson empereur, s’était décidé trop tard à se re-trancher. Ses ouvrages notaient ébauchésqu’autant qu’il le fallait, non pour couvrirleurs défenseurs, mais pour leur marquer laplace sur laquelle ils devaient s’opiniâtrer.Leur gauche , appuyée à la Düna, et défen-due par des batteries placées sur la rive gau-che du fleuve , était la plus forte. Leur droiteétait faible. La Polota, affluent de la Düna,les séparait.
Wittgenstein fit menacer le côté le moinsaccessible par Yacthwill; et lui-même, le 1 8 ,il se présenta contre l’autre, d’abord avecquelque témérité , car deux escadrons fran-çais , les seuls que Saint-Cyr eût gardés, ren-versèrent sa tète de colonne , prirent son ar-tillerie , et le saisirent, dit-on, lui-même,mais sans le reconnaître ; de sorte qu’ils aban-donnèrent ce général en chef, comme uneprise insignifiante , quand le nombre les forçade reculer.