'23i LIVRE X.
l’hiver, deux autres armées ennemies, la fa-mine et cent quatre-vingts lieues le sépa-raient.
L’attaque nocturne de Chirkowa et Maliéworéussit. Roguet jugea de la position des enne-mis par la direction de leurs feux; ils occu-paient deux villages liés par un plateau quedéfendait un ravin. Ce général dispose satroupe en trois colonnes d’attaque : celles dedroite et de gauche s’approcheront sans bruitet le plus près possible de l’ennemi; puis, ausignal de charge, que lui-même va leur don-ner du centre, elles se précipiteront sur lesRusses , sans tirer, et à coups de baïonnettes.
Aussitôt les deux ailes de la jeune gardeengagèrent le combat. Pendant que les Rus-ses , surpris et ne sachant où se défendre,flottaient de leur droite à leur gauche, Ro-guet avec sa colonne se rua brusquement surleur centre et au milieu de leur camp , où ilentra pêle-mêle avec eux. Ceux-ci, divisés eten désordre, n’eurent que le temps de jeterla plupart de leurs grosses et petites armesdans un lac voisin , et de mettre le feu àleurs abris; mais ces flammes, au lieu de lespréserver, ne firent qu’éclairer leur destruc-tion.
Ce choc arrêta pendant vingt-quatre heu-res le mouvement de l’armée russe; il donnaà l’empereur la possibilité de séjourner àKrasnoé, et au prince Eugène celle de l’y