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Tome second.
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a44 LIVRE X.

veau pour cette armée , qui depuis trois moisne voyait que des ruines. On était enfin horsde la vieille Russie , hors de ces déserts deneige et de cendres, on entrait dans un payshabité , ami , et dont on entendait le langage.En même temps le ciel s’adoucit, le dégelcommença, on reçut quelques vivres.

Ainsi l’hiver, l’ennemi, la solitude , et mêmepour quelques-uns, les bivouacs et la famine,tout, cessait à la fois ; mais il était trop tard.L’empereur voyait son armée détruite ; à toutmoment le nom de Ney s’échappait de sabou-che avec des exclamations de douleur. Cettenuit surtout on l’entendit gémir et s'écrier ,« que la misère de ses pauvres soldats lui dé-» chirait le cœur, et pourtant qu'il ne pouvait» les secourir sans se fixer en quelque lieu ;» mais où pouvoir se reposer, sans munitions» de guerre ni de bouche , et sans canons? Il» n’était plus assez fort pour s’arrêter; il fal-n lait donc gagner Minsk le plus vite possible?»

Il parlait ainsi, quand un officier polonaisaccourut avec la nouvelle que cette Minsk , sonmagasin , sa retraite, son unique espoir, venaitde tomber au pouvoir des Russes . Tchitcliakofy était entré le 16 . Napoléon resta d’abordmuet et comme frappé par ce dernier coup ;puis s'élevant en proportion de son danger, ilreprit froidement : « Eli bien ! il ne nous» reste plus qu’à nous faire jour avec nos» baïonnettes. »