246 LIVRE X.
guerre et d’épouvante environna Napoléon .
Lui, sans s’émouvoir, dit à Rapp : «Allez voir,
)> ce sont sans doute quelques misérables Co-» saks qui en veulent à notre sommeil ! »Mais bientôt ce fut un tumulte complet d’hom-mes qui couraient pour combattre ou fuir, etqui , se rencontrant dans les ténèbres , seprenaient pour ennemis.
Napoléon crut un instant à une attaque sé-rieuse. Un cours d’eau encaissé traversait laville ; il demande si l’artillerie qui lui restea été placée derrière ce ravin. On lui répondque ce soin a été négligé : alors il court aupont, et lui-même fait passer promptement sescanons au-delà de ce défilé.
Puis il revient à sa vieille garde , et s’arrê-tant devant chaque bataillon : « Grenadiers,
» leur dit-il , nous nous retirons sans avoir» été vaincus par l’ennemi , ne le soyons pas» par nous-mêmes ! donnons l’exemple à l’ar-» mée ! Parmi vous plusieurs ont déjà aban-» donné leurs aigles , et même leurs armes.i> Ce n’est point aux lois militaires que je m’a-» dresserai pour arrêter ce désordre , mais à» vous seuls ! Faites-vous justice entre vous!
» C’est à votre honneur que je confie votre dis-» cipline ! »
Il fit haranguer de même ses autres troupes.Ce peu de mots suffirent à ces vieux grenadiers, |qui peut-être n’en avaient pas besoin. Le reste :les reçut avec acclamation , mais une heurt I