i&i LIVRE X.
sastreuse. Mais le lendemain tout a changé ,et ils conviennent de leurs sinistres pressenti-ments , quand ils sont arrivés à cette neigerouge de sang, parsemée d’armes en pièces etde cadavres mutilés. Les morts marquaient en-core les rangs , les places de bataille : ils se lessont montrés réciproquement. Là avait étéla 14 e . division : voilà encore , sur les plaquesde ses schakos brisés, les numéros de ses ré-giments. Là fut la garde italienne: voilà sesmorts, ils en ont reconnu les uniformes. Maisoù sont ses restes vivants ? et ce terrain san-glant, toutes ces formes inanimées , ce silenceimmobile et glacé du désert et de la mort, ilsles ont interrogés vainement, ils n’ont pu pé-nétrer ni dans le sort de leurs compagnons ,ni dans celui qui les attendait eux-mêmes.
Ney les a entraînés rapidement par-dessustoutes ces ruines , et ils se sont avancés sansobstacle jusqu’à cet endroit où la route plongedans un profond ravin, d’où elle s’élève en-suite sur un large plateau. C’était celui deKatova , et ce même champ de bataille , où ,trois mois plus tôt, dans leur marche triom-phale, ils avaient vaincu Newerowskoï, et sa-lué Napoléon avec les canons conquis la veillesur ses ennemis. Ils ont, disent-ils, reconnuce terrain , malgré la neige qui le défigurait’
Alors ceux de Mortier s’écrient « que c’étai 1» donc aussi cette même position où Tempe'» reur et eux les avaient attendus le 17 , ei 1