CHAPITRE X. 355
«eux , commençaient à quelques werstes dupassage. Tchaplitz les avait occupés pendantplusieurs jours. Un abatis et des tas débour-rées, d’un bois combustible et déjà sec, étaientcouchés à leur entrée , comme pour lui indi-quer ce qu’il avait à en faire. Il n’aurait d’ail-leurs fallu que le feu de la pipe de l’un de sesCosaks pour incendier ces ponts. Dès lors tousnos efforts et le passage de la Bérézina eussentété inutiles. Pris entre ces marais et le fleuve,dans un espace étroit, sans vivres, sans abri,au milieu d’un ouragan insupportable, la gran-de-armée et son empereur eussent été forcésde se rendre sans combat.
Dans cette position désespérée, où la France entière semblait devoir être prise en Russie ,ou tout était contre nous et pour les Russes ,ceux-ci ne firent rien qu’à demi.Kutusof n’ar-riva sur le Dnieper , à Kopis , que le jour oùNapoléon abordait la Bérézina.Wittgenstein selaissa contenir pendant le temps nécessaire ,Tcliitcliakof fut défait; et sur quatre-vingtmille hommes , Napoléon réussit à en sauversoixante mille.
Il était resté jusqu’au dernier moment surces tristes bords , près des ruines de Brilowa ,sans abri, et à la tête de sa garde, dont la tour-mente avait détruit le tiers. Le jour, elle pre-nait les armes et restait rangée en bataille ; lanuit, elle bivouaquait en carré autour de sonchef : là , ces vieux grenadiers attisaient sans