Band 
Tome second.
Seite
337
JPEG-Download
 

CHAPITRE X. 33 7

lude qu'il s’imposa et celle qu’il exigea desautres.

Autour de lui, pendant ces mortels jours,chaque bivouac fut marqué par une foule demorts. Là, étaient réunis des hommes de tousles états , de tous les grades , de tous les âges,ministres , généraux , administrateurs. On yremarqua surtout un ancien grand seigneur deces temps bien passés , où régnait souveraine-ment une grâce légère et brillante. On voyaitcét officier-général de soixante ans , assis surUn tronc d’arbre couvert de neige , s’occuperavec une imperturbable gaieté, dès que le jourrevenait, des détails de sa toilette : au milieude cet ouragan il faisait parer sa tête d’une fri-sure élégante et poudrée avec soin, se jouantainsi de tous les malheurs et de tous les élé-ments déchaînés qui l'assiégeaient.

Près de lui, des officiers d’armes savantes dis-sertaient encore. Dans notre siècle , que quel-ques découvertes encouragent à tout expliquer,ceux-là, au milieu des souffrances aigues queleur apportait le vent du nord, cherchaientla cause de sa constante direction. Selon eux,depuis son départ pour le pôle antarctique ,le soleil, en échauffant l’hémisphère du sud ,y vaporisait toutes les émanations, les élevait,et laissait à la surface de cette zone un videoù les vapeurs de la nôtre, plus basses parcequ’elles étaient moins raréfiées , se précipi-taient. De proche en proche, et par une même

^9