556 LIVRE XII.
dainement le 19 décembre, deux jours aprèsla publication de son vingt-neuvième bul-letin.
Depuis Malo-Iaroslavetz jusqu’à Smorgony,ce maître de l’Europe n’avait plus été que legénéral d’une armée mourante et désorgani-sée. Depuis Smorgony jusqu’au Rhin , ce futun inconnu fugitif au travers d’une terre en-nemie ; au-delà du Rhin , il se retrouva tout-à-coup le maître et le vainqueur de l’Europe .
Un dernier souffle du vent de la prospéritéenflait encore cette voile.
Cependant, à Smorgony, ses généraux ap-prouvaient son départ ; et, loin d’en être dé- ^courages, ils y mettaient tout leur espoir.L’armée n'avait plus qu'à fuir, la route était ou-verte , la frontière russe peu éloignée. On tou-cliait à un secours de dix-huit mille hommes j (de troupes fraîches, à une grande ville , à unmagasin immense ; Murat et Berthier , réduitsà eux - mêmes, crurent donc pouvoir régler gcette fuite. Mais, au milieu de ce désordre ex-trême , il fallait un colosse pour point de ral- jjliement, et il venait de dispàraître. Dans legrand vide qu’il laissa, Murat fut à peineaperçu. y
Ce fut alors qu’on vit trop bien qu’un grand j (homme ne se remplace point, soit que l’or- j.gueil des siens 11e puisse plus se plier à uneautre obéissance, soit qu’ayant toujours songé sà lout, prévu et ordonné tout, il n’ait formé
D* Z -S 3 a,TS