CHAPITRE III. 5 7 5
C’était de Wrede. Ce général venait de seprésenter inopinément devant le roi. « L’en-11 nemi marche , dit-il, sur ses traces ! Lesa Bavarois sont repoussés jusque dans Vilna » qu'ils ne peuvent, plus défendre. » En mêmetemps le bruit du tumulte monte jusqu’auxoreilles du roi. Murat s’étonne ; ne se croyantplus maître de l’armée, il ne l’est plus assezde lui-même. On le voit sortir à pied de sonpalais et fendue la presse. Il semble craindreune écliauffourée , au milieu d’un encombre-ment semblable à celui de la veille. Cependantil s’arrête à la dernière maison du faubourg ,d’où il envoie ses ordres, et où il attend lejour et l’armée , laissant à Ney le soin du reste.
On eût pu tenir vingt-quatre heures de plusà Yilna, et beaucoup d’hommes eussent étésauvés. Cette ville fatale en retint près devingt mille, parmi lesquels trois cents offi-ciers et sept généraux. La plupart, étaientblessés par l’hiver plus que par l’ennemi quien triompha. Quelques autres étaient encoreentiers , du moins en apparence , mais leurforce morale était à bout. Après avoir eu lecourage de vaincre tant de difficultés, ils serebutèrent près du port, et devant quatrejournées de plus. Ils avaient enfin retrouvéune ville civilisée, et plutôt que de se déter-miner à rentrer dans le désert, ils se livrèrent;i leur fortune : elle fut cruelle.
A la vérité, les Lithuaniens, que nous
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