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Tome second.
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383
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CHAPITRE IY. 583

« hérissée de leurs baïonnettes ! cette terre» alliée, qui , disparaissant, il n'y avait que» cinq mois , sons les pas de leur immense ar-» mée réunie, leur avait alors paru comme» métamorphosée en vallées et en collines» toutes mouvantes d’hommes et de chevaux !a Voilà ces mêmes vallons d’où sortirent, aux» rayons d’un soleil brûlant, ces trois lon-» pues colonnes de dragons et de cuirassiers,» semblables à trois fleuves de fer et d’airain» étincelants. Eh bien ! hommes, armes, ai-» gles, chevaux, le soleil même, et jusqu’à» ce fleuve frontière qu’ils avaient traversé» pleins d’ardeur et d’espoir, tout a disparu.» Le .Niémen n’est plus qu’une longue masse» de glaçons surpris et enchaînés les uns sur» les autres par les redoublements de l’hiver.» A la place de ces trois ponts français , ap-» portés de cinq cents lieues, et jetés avec une» si audacieuse promptitude , un pont russe« est seul debout. Enfin, au lieu de ces in-i) nombrables guerriers , de leurs quatre cent» mille compagnons , tant de fois vainqueurs» avec eux , et qui s’étaient élancés avec tant» de joie et d'orgueil sur la terre des Russes ,» ils ne voient sortir de ces déserts pâles et» glacés, qu’un millier de fantassins et de ca-» valiers encore armés , neuf canons , et vingt» mille malheureux couverts de haillons , la» tête basse , les yeux éteints, la figure tor-» rcuse et. livide, la barbe longue et hérisSée