384 LIVRE XII.
» de frimas ; les uns se disputant, en silence» l’étroit passage du pont , qui, malgré leur» petit nombre , ne peut suffire à l’empresse-» ment de leur déroute ; les autres fuyant dis-» perses sur les aspérités du fleuve, s’efforçant,» se traînant de pointes de glace en pointes de» glace : et c’était là toute la grande-armée !a Encore beaucoup de ces fuyards étaient-ils» des recrues qui venaient de la rejoindre. »
Deux rois , un prince , huit maréchauxsuivis de quelques officiers, des généraux àpied , dispersés et sans aucune suite ; enfin ,quelques centaines d’hommes de la vieillegarde encore armés , étaient ses restes : euxseuls la représentaient.
Ou plutôt elle respirait encore tout entièredans le maréchal Ney. Compagnons ! alliés !ennemis! j’invoque ici votre témoignage :rendons à la mémoire d’un héros malheureux1 hommage qui lui est dû : les faits suffiront.Tout fuyait, et Murat lui-même traversantKowno comme \ ilna, donnait puis retiraitl’ordre de se rallier à Tilsitt, et se décidaitensuite pour Gumbinnen . Ney entre alorsdans Kowno , seul avec ses aides-de-camp, cartout a cédé ou succombé autour de lui. De-puis Viazma, c’est la quatrième arrière-gardequi s’use et qui se fond entre ses mains. Maisl’hiver et la famine, plus encore que les Rus-ses , les ont détruites. Pour la quatrième foisil est resté seul devant l’ennemi, et toujours