000 LIVRE XII.
» part-il brusquement , sont princes par la» grâce de Dieu , du temps et de l’habitude» des peuples. Mais vous, vous n’êtes roi que» par la grâce de Napoléon et du sang fran-11 çais. Vous ne pouvez l’être que par Napo-» léon et en restant uni à la France . C’est une» noire ingratitude qui vous aveugle ! » Etaussitôt il lui déclare qu’il va le dénoncer àson empereur; les autres chefs se turent. Ilsexcusaient l’emportement de la douleur duroi, et n’attribuaient qu’à sa fougue inconsi-dérée des expressions que la baine et l’es-prit soupçonneux de Davout n’avaient quetrop bien comprises.
Murat resta décontenancé ; il se sentait cou-pable. Ainsi fut étouffée cette première étin-celle d’une trahison qui devait, plus tard,perdre la France . L’histoire n’en parle qu’àregret, depuis que le repentir et le malheuront égalé le crime.
Il fallut bientôt porter notre abaissementdans Kœnigsberg . La grande-armée, qui de-puis vingt ans parcourait triomphante toutesles capitales de l’Europe , reparut pour la pre-mière fois mutilée, désarmée, fuyante, dansl’une de celles qu’elle avait le plus humiliéespar sa gloire. Ses peuples accoururent sur no-tre passage pour compter nos blessures, pourévaluer, par la grandeur de nos maux, ce qu’ilspouvaient se promettre d’espérance : il fallutrepaître leurs avides regards de nos misères ,