CHAPITRE X. 41S
rentpoint à s’en plaindre ; mais des prisonniersqui s’échappèrent, assurent que beaucoup deleurs compagnons d’infortune furent massa-crés et jetés par les fenêtres au milieu desrues; que même le feu fut mis à un hôpitalqui contenait plusieurs centaines de malades ;ce sont les habitants qu’ils ont accusés de ceshorreurs.
lf’un autre côté, à Vilna , déjà plus de seizemille de nos prisonniers avaient péri. Le cou-vent de Saint-Basile en avait renfermé le plusgrand nombre ; ils n’y avaient reçu , depuis le10 jusqu’au 23 décembre, que quelques bis-cuits : du reste , pas un morceau de bois niune goutte d’eau ne leur avaient été donnés.La neige des cours, déjà couverte de cadavres,étancliala soif brûlante de ceux qui survivaient.On avait jeté parles fenêtres ceux desmorts quine pouvaient plus tenir dans les corridors, surles escaliers, ou sur les entassements de cada-vres qu’on avait formés dans toutes les salles.Les nouveaux prisonniers qu’on découvrait àchaque instant étaient précipités dans cethorrible séjour.
L’arrivée de l’empereur Alexandre et de sonfrère fit seule cesser ces abominations. Ily avaittreize jours qu’elles duraient, et sur nos vingtmille malheureux compagnons d’armes prison-niers, si quelques centaines ont échappé ,r'est à ces deux princes qu’ils doivent leur sa-lut. Mais déjà, des exhalaisons infectes de tant