4.8 LIVRE XII.
défendît Dantzick : il fallut donc y jeter tout
ce qui pouvait encore tenir la campagne.
D’ailleurs, s’il faut tout dire , quand Muratimagina, à Elbing , de refaire une armée , etrêva même une victoire, il trouva que la plu-part des chefs eux-mêmes étaient épuisés etrebutés. Le malheur, qui porte à tout crain-dre et bientôt à croire tout ce qu’on craint ,avait pénétré dans leur cœur. Déjà, plusieurss’inquiétaient pour leurs rangs , pour leursgrades, pour les terres dont ils étaient devenuspossesseurs dans les pays conquis, et la plu-part n’aspiraient qu’à repasser le Rhin .
Quant aux recrues qui arrivaient, c’était unassemblage d’hommes de plusieurs nations del’Allemagne . Pour nous rejoindre, ils avaienttraversé les états prussiens , d’où s’élevait l’ex-halaison de tant de haines. En approchant, ilsrencontrèrent notre découragement et notrelongue déroute ; en entrant en ligne, loin dese trouver encadrés et appuyés par de vieuxsoldats, ils se virent seuls aux prises avec tousles fléaux, pour soutenir une cause abandon-née de ceux qui étaient le plus intéressés à lafaire triompher ; aussi la plupart de ces Alle-mands se débandèrent-ils au premier bivouac.
A l’aspect du désastre de l’armée qui reve-nait de Moscou , les troupes éprouvées de Mac-donald furent elles-mêmes ébranlées. Cepen-dant, ce corps d’armée, et la division toutefraîche d’Heudelet, conservèrent leur ensem-