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Tome I.
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authorité qui avoit enchaîné la Nation, pour rappeller lesEcclésiastiques à la vigueur &. à la pureté de la discipline.

Cette adresse ne put écarter tous les orages. Le génie desconquêtes reçoit difficilement un frein. Guillaume, heureuxjusqu’alors, trouva un nouvel aiguillon dans la résistance qu’op-posoient les Bretons à l’hommage qu’il en exigeoit. II y vitune nouvelle occasion d’étendre ses domaines. Mais la Franceveilloit fur lui avec cette inquiétude, que donne toujours levoisinage d’un Prince entreprenant. Philippe vole à la défensedes Bretons, & chasse loin de Dol le Monarque Anglois. Uneretraite forcée & une perte évaluée à quinze mille livresserlings n’eurent rien pour ce Prince d’auffi funeste que lemalheur d’avoir aliéné la France, dé j a trop allarmée de lapremière conquête.

Cette puissance , la ressource dans tous les tems des Princesopprimés, devient celle de Robert, Duc de Normandie, quiréclamé la possession de ce Duché, dont Guillaume lui avoitdonné Pinvestiture, à son départ pour conquérir l’Angleterre.Soit la mauvaise foi du père dans la donation de cette Pro-vince, soit que Guillaume se sentit assez fort pour révoquerune démarche qu’il avoit cru devoir accorder à la politique& aux circonstances , Robert trouve dans son père uneroideur inflexible sur l’exécution de ses engagemens ; 8c toutesles sommations du premier n’obtinrent de celui-ci d’autreréponse, sinon, qu il ne falloît pas se déshabiller avant Vheurede se meure au lit.

Cette résistance contrarioit trop ouvertement les vues 8cles intérêts de Philippe, pour qu’il refusât son assistance àRobert ; 8c Guillaume eut à se repentir de n’avoir pointassez ménagé un voisin si puissant.

Que d’évènemens d’un grand poids ou d’une issue tragiqueont leur cause dans les incidens les plus légers ! Robert se