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Tome I.
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divertit avec ses deux frères puînés: ceux-ci lui jettentquelques goûtes d’eau. Cette plaisanterie innocente, enveni-mée par un Seigneur mécontent, enflamme le courroux deRobert ; l’épée à la main , il poursuit ses frères , pour lesimmoler à son ressentiment. Guillaume arrête le bras égaréde son fils , St semble prendre parti pour ses deux autresenfans ; c’en est fait : la jalousie a distillé son poison ; Robert,déja irrité du refus de son père , ne garde plus avec lui deménagement; il le quitte. La jeune Noblesse de Normandie,du Maine & même de l’Angleterre, s’attache à ses drapeaux;le voilà cantonné à main armée chez un des plus puissansBarons de Normandie, prêt à défendre ses droits fur cetteProvince contre son propre père. Guillaume ne marche pointencore en personne ; mais une armée de vieilles troupesAngloises, envoyée par ce Prince , a bientôt mis en fuite leparti de Robert, à qui la Normandie n’offre plus d’asyle.Robert en cherche un , St le trouve auprès de Philippe , quine laisse point échapper une occasion si belle d’inquie'ter oud’humilier même dans Guillaume un rival dangereux.

Gerberoi, petite Ville duBeauvoisis , Terre & Château qujdepuis ont passé aux Evêques de Beauvais, est le lieu desûreté, où Robert, sous la protection de la France , attendavec intrépidité le parti que prendra son père. Cette foisGuillaume se montre, & ne croit point au-dessous de lui demesurer ses forces avec celles de son fils. L’attaque est prompte &serrée, la résistance est vigoureuse , sans qu’un des deux partisprenne fur l’autre un avantage décisif. Cette place peu fameusejusqu’alors, le devient par ce siège, où les traits de bravourese multiplient de part Sc d’autre , & se varient au point que lechamp de bataille présente plutôt l’image d’un Tournois Scun assaut de Chevalerie , que le spectacle de deux armées enprésence, pour s’entrégorger.