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Tome II.
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Victime de la haine, d’un orgueil humilié, de Thypocri-fie & du fanatisme , l’Héroïne d’Orléans avoir expié fur unbûcher le bonheur inespéré de sa Patrie ; mais que cettevengeance, dont l’Anglois aura éternellement à rougir, devintpour lui une malheureuse époque!

La France, qui s’étoit perdue par les fureurs d’une femme,sembla vouloir s’en venger dans le présent funeste qu’elle fità l’Angleterre, de Marguerite d’Anjou, fille de Tonde du Roide France. La plus belle Princesse, la mieux faite de son siècle,plus spirituelle que belle, plus fière encore, plus hardie, pluscourageuse que spirituelle , Marguerite changea toute la facede T Angleterre, & s’y montra l’ame des grandes révolutions.Le Duc de Bedford n’avoit pu survivre à la décadence desaffaires de T Angleterre en France ; le Duc de Glocester, oncledu Roi, régnoit véritablement fous le nom de son pupille »quand Marguerite sentit qu’un caractère auíli altier, auíïì faità voir tout plier à ses volontés , ne pouvoit s’allier avec leprojet qu’elle avoir conçu, en montant fur le trône , de n’ysouffrir aucun rival de son pouvoir & de sa gloire. Elle sus-pecta , ou elle feignit de suspecter, son ambition ; on revintsur son despotisme enyers le Monarque & la Nation; tout futcrime en lui, sitôt qu’on le vit malheureux ; & chassé de laCour, arrêté ensuite , un cordon Asiatique délivra la Reinede ce trop puissant rival.

Nous avons observé que Henri V avoir manqué à sa poli-tique , en laissant subsister dans Richard un rejetton de la'Rose ^Blanche. Ce Richard est le Duc d’Yprck, qui va jouerle plus grand rôle, jusqu à ce qu’il ait préparé & affermi le sdegrés qui ramenèrent fa maison sur le trône. Cet Adversaireétoit bien le plus redoutable pour la Reine ; mais long-tems une dissimulation réciproque les tint fur leurs gardes.Richard retarda par des exploits glorieux la prospérité de*