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Aînsi un Bacon, un Chef de la Magistrature, Fun des plusbeaux génies de son siècle, les premiers hommes de l’État,les plus grands politiques, les Ministres des Loix procédèrentgravement à créer pour une femme le pouvoir nouveau d’ins-tituer des Évêques, de régler le culte, de fixer des dogmes &de statuer arbitrairement fur la Religion !
Élisabeth, qui d’abord avoit dissimulé jusqu’à se faire cou-ronner par un Évêque Catholique, arbora le drapeau de laréforme ; elle y tint avec plus d’opiniâtreté , quand Romese fut déclarée contre elle, & l’eut frappé d’anathêmes. Alorselle s’annonça comme le centre de ralliement pour les Réfor-més, & les protégea ouvertement dans les Provinces-Unies,dans la France & dans l’Ècosse. Tandis qu’elle allumoit lapersécution dans l’intérieur de son Royaume, elle travailloità inquiéter dans leurs États les Puissances qui pouvoient tra-verser le plan de son administration, elle amusoit la Francepar des projets de mariage, par des traités ébauchés ; elledésoloit Philippe, en soutenant Feíïor de la Hollande vers faliberté ; elle ruinoit en Écosse le parti d’une malheureuseReine, qu’un zèle peut-être trop peu mesuré & quelquesindiscrétions fans aucun crime véritable , conduisirent àl’échafaud.
Marie, Reine d’Écosse huit jours après fa naissance, joignitensuite à cette Couronne celle de la France , en épousantFrançois II. Sa naissance & les Loix lui en donnoient enAngleterre une troisième, que la fille d’Anne de Boulen n’avoitpu lui ravir, parce que Catherine n’avoit jamais cessé d’êtrela légitime épouse de Henri VIII. Mais le grand crédit d’Éiisa-beth, ainsi que les progrès de la réforme, éclypsèrent les titresde Marie; & ses efforts pour Les faire valoir préparèrent ses dis-grâces, Élisabeth étoit trop impérieuse pour les lui pardonner 9
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