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Tome II.
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( io8 )

& Marie trop foible pour se soutenir. Tous les pas de îa Reine

d’Écosse la conduisirent à fa perte.

Deux tableaux qu’offrit cette líle orageuse & ensanglantéede tant de victimes, durent, par leur rapprochement, glacerd’effroi toute aœe sensible & vertueuse. Icí fur le trône desTudors, une femme vaine, mais ambitieuse ; violente, maisdissimulée, se jouant de la Religion comme du sang deshommes, se choisit une tendre & illustre victime, qu’elletrompe par mille artifices , qu’elîe entraîne de piège enpiège , qu’elle brouille avec ses sujets, qu’elle amorce parune protection apparente, qu’elle met dans les fers sitôt qu’ellela tient en fa puissance, & dont avec une froide barbarie &une politique artificieuse elle prolonge pendant dix-huitannées la captivité, signant ensuite avec une joie atroce sortarrêt de mort, 8t donnant à l’exécution de l’arrêt les larmes& le deuil d’une pitié hypocrite : là fous la couronne des8 tu arts s’offre à nous une Reine de vingt ans, qui , maîtresselégitime de trois Royaumes, se voit sans asyle & sans appui,livrée à une bonne-foi, à une inexpérience qui égarent sonzèle, & sa politique; en proie à la jalousie d’un second mari,accusée injustement de la mort du troisième, trahie dans faconfiance par des voies ténébreuses, emprisonnée contre sedroit des gens 8c celui de tous les Souverains, captive de sonirréconciliable ennemie, & par elle enfin conduite sur unéchafaud.

C’est à des Adresses réitérées de son Parlement, c’est àl’intérêt pressant de la religion nouvelle, c’est à une cons-piration dont Marie a toujours ignoré la trame, qu’Élisabethsemble sacrifier- cette infortunée Princesse. Mais la jalousie &la haine ont déja prononcé l’Arrêt; & quatre Seigneurs ontordre d’aller le notifier à cette illustre victime, dans fa prisonde Fothéringhai.