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Tome III.
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qu’ils avoient souvent eux-inêines avancé, qu’il étoit fauxque la nation fût épuisée , que les succès qu’on avoit eudédommageoient amplement des dépenses de la guerre jque la nation n’avoit jamais possédé tant de richesses. Leparti de supposition répondait victorieusement à ces asser-tions ministérielles par le tableau défectueux de la chosepublique ; il peignait l’Etat dans un épuiséinent total deshommes nécessaires à l’agriculture et aux manufactures,au point qu’on étoit obligé, dans un grand nombre d’en-droits , d’employer les femmes aux travaux les plus rudes.D’après les états qui en furent dressés, on reconnut quedans le cours de cette guerre, on avoit perdu, indépen-damment des troupes de levée , cent trente - cinq milledeux cents vingt matelots. Le salaire des ouvriers étoitmonté à un prix si excessif que les profits du commerce nepou voient en dédommager les marchands. Le peuple étoitdans un état de souffrance et de fermentation inquiétant,il y eut diverses cruautés exercées , les vols , ainsi que lesmeurtres devinrent plus fréquens qu’on ne les avoient vusjusqu’alors, et les troubles recommencèrent en Irlande.

Le gouvernement françois n’étoit pas assez peu clair-voyant pour ne pas s’appercevoir de cet état pénible , etpour ne pas en concevoir l’espérance secrète de la ven-geance. Ce n’est pas que la paix de 1783 fût aussi défa-vorable pour la France qu’elle aurait dû s’y attendre , larestitution de la Martinique , de la Guadeloupe, et d’unepartie des établissemens de l’Inde surpassait ses désirs, etle retour de la tranquillité seule étoit pour elle une con-quête assurée sur le reste du monde , qui est et sera toujourstributaire de son sol, de son industrie et de sa population ;mais certains articles du traité, qui en flattant la vanitédu peuple anglais, indignaient et humiliaient la France,