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Tome III.
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64 Histoire

dévoient nécessairement entretenir dans cette nation unlevain de liaîne , de ressentiment et de malveillance , qui,tôt ou tard menaçoit de venir funeste à la Grande-Bre-tagne. Leçon frappante, mais toujours inutile pour ceuxà qui les intérêts des grandes nations sont confiés , quine devroient jamais perdre de vue qu'un traité de paixqui n’est pas fondé sur un retour sincère vers la confiance,la justice , la bonne intelligence , n’est autre chose qu’unetrêve, pendant laquelle la partie lésée se prépare à reprendreun jour ses avantages à l'instant qu’elle en trouvera l’oc-casion favorable.

Quoiqu’il en soit, l’Angleterre accablée du poids de seslauriers , et d’une dette nationale insupportable , jeta uncoup-d’œil d’avarice et de cupidité sur ses colonies amé-ricaines , dont l’état florissant sembloit lui promettre desressources incalculables. Elle crut pouvoir réparer les mauxintérieurs qui résultoient du traité qn’elle venoit de con-clure , en contraignant ses colonies , riches et puissantes,à supporter une seconde fois leur portion des frais de cettelongue guerre, dont le chagrin public leur reprochoit d’avoirtiré tout le fruit. Le même gouvernement, qui quelquesannées auparavant avoit cru devoir compenser par desimdemnités les augmentations de dépenses dans lesquellesces colonies avoient été entraînées par le système politiquede leur métropole, voulut les forcer à rendre avec usureet par des taxes éternelles, ces dédommagemens passagers.Ce fut le lord Greenville, chancelier de l’échiquier, suc-cesseur du lord Butte , qui annonça ce système , et leparlement, jaloux d’étendre son autorité, ^'accueillit avi-dement. II parut le 4 août 1764 un premier bill à l’effetde taxer les colonies.

Les propriétaires des terres situées dans les trois royaumes

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