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y trouvoient leur avantage. Ils espéroient que leurs taxesseroient diminuées, et que les possesseurs des champscultivés dans l’immense continept de l’Amérique, en sup-porteraient la moitié. Les négocians croyoient y trouverles moyens de regagner la préférence du commerce , quela hardiesse, l’économie et l’activité des Anglo-Américainsleur disputoient dans la plupart des marchés de l’Europesur les articles qu’ils pouvoient fournir en concurrence.Presque tous les membres dê la chambre des lords avoientété ministres , gouverneurs, commandans de troupesen Amérique ; les autres étoient vendus au parti de lacour, et tous y trouvoient une augmentation de pouvoiret de richesses pour eux.
Pendant que l’on étoit à Londres dans ces dispositions ,celles de l'Amérique septentrionale étoient bien différentes;onn’y songeoit point à exempter sa terre d’un impôt qu’ellen’avoit jamais supportée ; on ne désiroit dans le commerceque la concurrence et la franchise. L’Amérique avoit sentises forces. Aguerris dans les glaces du Nord , le cultivateuret l’artisan robuste qui avoient depuis peu déposé la cui-rasse et les armes, méprisoient le stipendiaire recruté dansla fange de Londres, que l’on ôsoit envoyer pour leurforger des fers ; ils étoient secrètement indignés de ce quel’on croyoit en Europe que des mains si viles pourroientles asservir. Les commerçans enrichis par les avantagesqu’ils avoient retirés de la prise du Canada et des échangesque leur droiture et leur utilité leur avoient facilité danstoutes les Antilles , murmuroient de la dépendance et desprohibitions qui enchaînoient leur activité. Les navigateursdont le nombre s’élevoit à plus de trente mille, supportoientavec impatience le joug de la cour d’amirauté, érigée àHallifax', où des juges placés par la corruption , décidoientTome III. I