Xvj INTRODUCTION.
suite , au dehors , nous mettre à notre place > sur tous les points duglobe, où notre industrie commerçante ira répandre ses bienfaits.
Un tel ordre, cependant, est l’opposé de celui qu’ont suivi les An glais , dans leurs efforts pour s’emparer du négoce de toutes les nat-tions : ainsi nous l’apprend leur histoire.
Au commencement du 17 e . siècle , l’Angleterre possède à peine desroutes praticables , elle n’a point de canaux ; mais les mers offrent descanaux et des routes, immenses , comme l’espoir et les désirs de l’An-gleterre. Dans les ports britanniques, l’art n’ajoute rien encore auxprésents de la nature; et déjà la reine Élisabeth a fait explorer l’Uni-- vers, par les vainqueurs de la Grand-Armada ; déjà les Anglais ontformé, sous les auspices de leur illustre souveraine, la C ie . des Indesorientales, instituée pour exploiter un commerce connu , et la C ie . desmers du nord, instituée pour la découverte et l’acquisition des com-merces encore ignorés. Aiusi le peuple-roi , fidèle au culte de sonambition , érigeait dans le Panthéon des divinités conquises, un au-tel aux Dieux inconnus, c’est-à-dire, aux Dieux à conquérir.
Les troubles intérieurs qui suivirent de près le règne d’Élisabeth ,portèrent au dehors, avec une ardeur nouvelle , l’énergie et l’activitédes citoyens industrieux ; et les échanges lucratifs du commerce exté-rieur furent considérés comme les sources les plus fécondes de la ri-chesse publique et particulière, comme l’élément de la suprématie dupeuple britannique. De là ces immenses efforts pour dominer sur lamer, et pour acquérir la prépondérance aux abords de tous les conti-nents. Mais une puissance ainsi jetée au delà du territoire qui lui ser-vait de point d’appui, n’avait pas en elle-même les gages de sa durée,et les garanties de ses prospérités. La guerre pouvait lui ravir ce qu’èlledevait à la guerre ; et l’industrie maritime des puissances rivales, cequ’elle devait à sa propre industrie maritime.
Un de ces génies qui naissent pour asseoir, sur de nouveaux fonde-ments , la destinée des, empires , un ministre qui serait sans égal dansson siècle , s’il eût .été probe envers l’étranger, comme il le fut enversses concitoyens, lord Chatham entreprit de transplanter sur le solmême de. la patrie, les racines de la puissance extérieure de l’Angle-terre. Il voulut mçttre la fortune des citoyens, et par conséquent lafortune de l’état, à V^hri des'chances et des nécessités de la guerre.