INTRODUCTION.
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Toujours fidèle à ses engagements avec les particuliers, il osa faire, ducrédit, une arme pour les combats. Il coalisa les forces individuellesavec la force publique, et la diplomatie des cours avec les ressourcesdes arts; afin d’attaquer, par toutes les voies, la puissance et la ri-chesse des peuples rivaux. En un mot, la guerre elle-même, commela paix et les traités, entreprise et poursuivie dans un but purementindustriel, eut la victoire pour moyen, la conquête pour accessoire ,le calcul pour auxiliaire, et le commerce pour objet principal.
Dans la salle où les corporations mercantiles de la cité de Londres tiennent leurs assemblées générales, j’ai lu sur le piédestal du mo-nument érigé par leur reconnaissance, à la mémoire de Chatham ,cette inscription qui m’a fait une impression profonde: Au ministrequi f le premier , a découvert le moyen de faire fleurir le commerceet l’industrie , durant la guerre, encore plus que durant la paix! Ilfaut montrer les résultats de cette étonnante conception.
C’est sous le ministère de Chatham, au milieu même de la guerrede sept ans, qu’on voit commencer tous les grands travaux intérieursutiles au commerce, et qui sont aujourd’hui l’admiration de l’é-tranger. Jusqu’en 17 56, l’Angleterre n’avait pas une seule ligne
de navigation artificielle ; elle n’avait pour communications parterre qu’un petit nombre de routes mal tracées et mal entretenues.Tout à coup, un particulier conçoit la pensée de profiter du mou-vement général imprimé à l’industrie, pour creuser un canal quiconduise à Manchester le produit de ses mines. Bientôt après, uneville qui prospère, et dont la richesse exubérante cherche partoutdes issues productives , Liverpool, s’élève à de plus hauts desseins.La première elle forme, et voit se réaliser le projet d’ouvrir une voienavigable, entre la mer d’Irlande et l’Océan germanique. D’autresvoies, plus étendues encore, sont par degrés établies ; et, dans le courtespace d’un demi-siècle, afin d’unir ensemble, des mers opposées, desbassins séparés par des chaînes nombreuses de collines et de mon-tagnes , des ports opulents, des villes industrieuses, des campagnesfertiles et des mines inépuisables, un double système de canaux , pourla petite et pour la grande navigation, présente un développementqui surpasse mille lieues de longueur, sur une portion de territoirequi n’est pas égale au quart de la France .
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