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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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XVIII
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xviij INSTRUCTION.

Il fallait distribuer les eaux nécessaires à la vie des habitants, et legaz qui produit cette lumière si brillante et si pure quelle apparaîten nos cités , durant les nuits les plus profondes, comme une auroreanticipée! Pour remplir ce seul objet dutilité générale , on a posé descanaux et des conduits qui, dès à présent, se ramifient dans uneétendue de quatre cents lieues, sous le pavé de Londres .

Les communications à ciel ouvert sont lobjet dune même sollici-tude, et de travaux plus vastes encore. Les chemins existants déjà sontélargis et reconstruits avec plus dart, entretenus avec plus de soin ;des voies nouvelles sont livrées au commerce, et lon forme un sys-tème de routes dont la longueur totale est aujourdhui supérieure àquarante-six mille lieues, dans la seule Angleterre.

Tandis que ces prodiges sopèrent, des bassins, des ports sontcreusés pour contenir les navires; des môles, des jetées, des phares,nouvellement établis, augmentent la sécurité des abords , et labri detous les mouillages, sur plus de six cents lieues de côtes. Grâces à cestravaux, en ce moment, dans les trois royaumes, vingt-deux mille troiscents navires marchands, montés par cent soixante mille hommes ,et capables de porter deux millions de tonneaux de marchandises,suffisent à peine, au transport de côte en côte , à lexportation du su-perflu de la circulation intérieure, et à limportation des produitsétrangers nécessaires pour entretenir cette immense circulation.^

Voilà le progrès dont lorigine remonte au milieu de la guerre desept ans ; progrès que la guerre si désastreuse contre les colonies d mérique , a ralenti, sans pouvoir linterrompre ; progrès qui tout àcoup sest ranimé par labandon de ces mêmes colonies; progrès qui,surtout, a pris une marche gigantesque, durant les guerres si acharnéeset si longues, de la République , du Consulat et de lEmpire français .

Cest ainsi que lAngleterre florissait au dedans, lorsque ses sacri-fices au dehors nous semblaient accélérer sa ruine et préparer sachute. Cest ainsi que depuis la paix même, entrant, contre tousles peuples , dans une guerre dindustrie ; animée de sa force commer-ciale intérieure, comme une être vivant lest de sa force vitale, ellea renversé tous ses rivaux, à lextrémité du nouveau monde ainsiquau cœur de lancien. Une fois supérieure dans cette lutte, ellejette son antique cuirasse, et fait tomber les remparts de ses prohi-