INSTRUCTION. xix
bitions *. Elle ouvre ses ports aux étrangers et leur offre ses entre-pôts **. Elle n’implore plus qu’une faveur de ses rivaux en in-dustrie : c’est de descendre nuds comme elle, dans l’arène où ses ex-ploits récents l’assurent de la victoire.
Qu’a donc fait l’administration britannique pour produire , enaussi peu de temps, des travaux publics qui seuls ont rendu possibles
les grands résultats dont nous venons d’offrir le tableau ? — Rien.
Elle a laissé faire au commerce, qu’elle a cru servir assez, en lui ga-rantissant protection à l’extérieur, justice partout, et liberté dans l’in-térieur. Elle a laissé les fabricants, les propriétaires et les négociants, àgrandes, à médiocres, à petites fortunes, conférer entre eux sur leursbesoins mutuels, sur les ouvrages qui leur seraient utiles, enfin surles moyens d’entreprendre et d’exécuter eux-mêmes ces ouvrages.
Ces travaux, qui procurent au commerce une prospérité nouvelle,ont en même temps l’avantage d’accroître en valeur la propriété fon-cière. Aux possessions territoriales que tout le savoir humain ne sau-rait étendre par-delà les bornes qu’a posées la nature, ils ajoutentdes possessions industrielles, .illimitées dans leur variété, leur ri-chesse et leur grandeur : comme le génie qui leur donne l’existence.Ainsi, durant le court intervalle de soixante années, l’industrie com-merciale a créé des valeurs inséparables du sol, pour cinq cents mil-lions sur les routes, pour un milliard sur les fleuves et les canaux, etpour un autre milliard dans tous les ports et sur les rivages de la mer.
Ce n’est pas seulement croître en opulence que de faire ces nouvellesacquisitions. En devenant propriétaires des canaux, des routes, desponts, des bassins, des quais, et des entrepôts nécessaires au com-merce , les citoyens prennent à la fois l’intérêt stable qui s’attache àla possession des biens immeubles, et l’intérêt mobile qui change oud’objet ou de lieu, suivant les spéculations et les vicissitudes du com-merce extérieur. Un autre bienfait encore est produit par ees créationsde l’industrie.
Tandis qu’en Angleterre, d’antiques lois favorisent la coneentra-
* Depuis trois ans, le parlement britannique révoque successivement les plus odieusesrestrictions des lois fameuses , connues sous le nom d’Actes de navigation.
Par la loi relative aux entrepôts, Londres est destinée à devenir le rendez-vousdes nations et le marché de l’Univers.