INTRODUCTION. xxiij
leurs efforts pour ajouter à la splendeur, à la richesse, à la civilisationde leur patrie.
Ce beau rôle de la classe opulente et privilégiée, ce patronageéclairé , ce patriciat véritable, ne pouvons-nous pas espérer de levoir dignement rempli parmi nous? Ah! si la mémoire des bienfaitsrépandus sur la société, par les Bedford et les Bridgewater, les Foxet les Chatham, les Portland et les Cavendish, s’unit avec toutes les
4
idées de génie, de savoir et d’éloquence, avec tous les sentiments d’a-mour du pays et de zèle pour le prince, avec tous les souvenirs deservices rendus à l’industrie nationale, à la fortune des citoyens,à la puissance de l’état, n’avons-nous pas des noms également illustresà rappeler aux souvenirs de la France et du Trône ?
Les noms des Colbert et des Vauban , des Molé * , des Séguier **,des Malesherbes et des d’Aguesseau, des Lauraguais, des Choiseul ***et des La Rochefoucauld , tous ces noms ne vivent-ils pas encore aumilieu de la France ? Les travaux publics et l’industrie des citoyens,
* La France n’a point oublié que les plus beaux travaux publics d’une époque oùnous avons élevé tant d’admirables monuments, au sein de la patrie et chez les peu-ples conquis, eurent un Molé pour directeur général. Si parmi les moindres travauxentrepris dans un but d’utilité, il pouvait nous être permis de citer nos voyages dansla Grande-Bretagne, et cet ouvrage qui en est le fruit, ce serait pour nous un devoirde dire, ici, qu’ils ont trouvé le plus noble encouragement, lorsque le comteMolé dirigeait le ministère de la marine.
** C’est une chose digne d’attention, que de voir, aujourd’hui, deux frères de cenom ; l’un qui préside à la justice, dans la première cour royale de la France , etqui sur son tribunal ne veut rendre que des arrêts; l’autre, consul général de nosintérêts , en Angleterre , et qui, dans ce poste important, ne veut rendre que desservices : soit à notre patrie , pour l’enrichir de tout ce qu’il observe d’utile dans unpays qu’il connaît parfaitement, soit aux particuliers, aux négociants et surtout auxvoyageurs français . C’est à ce dernier-titre que je dois témoigner ma gratitude enversle baron Séguier, pour la communication de ses lumières, de ses observations et deses manuscrits sur le commerce et sur l'administration de la Grande-Bretagne.
*** On ne sait pas assez parmi nous, que les routes magnifiques, ouvertes , depuisla capitale jusqu’aux points principaux de notre frontière , ont été faites la plupartsous le ministère du duc de Choiseul, l’un des premiers hommes d’état du dix-huitième siècle ; de ce siècle qui, dans le cours d'une seule génération , fit voir entrois autres ministres, Turgot , Necker et Malesherbes , autant de talents et plus devertus , que dans les ministères des époques les plus brillantes de la monarchie.