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xxiv INTRODUCTION.
ne s’honorent-ils pas encore de leurs secours? Et les garanties de nosplus belles institutions, n’ont-elles pas aussi pour soutiens la plupartdes familles que décorent ces noms ? Des familles qui rappellent ànotre gratitude ces pères du peuple et ces appuis du trône , qui,L’Hôpital dans les conseils, Montausier à la cour, et Sully dans lescamps, comme à la garde du trésor, consolidaient l’autorité su-prême, par les directions de leur génie supérieur, et par la résistancetutélaire de leurs austères vertus ! Non, certes, nous ne saurions unseul instant soustraire à notre mémoire des noms qui, dans les an-nales de notre renommée , s’allient inséparablement aux souvenirsde tous nos grands travaux, de tous nos monuments , et des plusbeaux traits de notre caractère national. C’est à l’exemple des illustra-tions antiques, de tracer la carrière aux illustrations modernes; etjamais cet exemple ne restera stérile, sur une terre où l’honneur estle premier des biens et le plus noble des -salaires.
A côté des souvenirs qu’a laissés parmi nous la grandeur patri-cienne , rappelons avec un même orgueil, pour la renommée de laFrance , les œuvres bienfaisantes et les patriotiques entreprises desJacques-Cœur, des Paquet, des Laborde, des Beaujon, desTurgot,des Necker, et de tant d’autres hommes, qui, conquérant leur gloireà des époques plus récentes encore, ont consacré par leurs travaux,leurs mœurs et leur génie, les titres de leurs familles, et le rangdésormais historique de leur postérité.
Mais ne cherchons pas seulement pour la patrie, des splendeursisolées, et des célébrités héréditaires. Étendons nos regards, avec uneégale faveur, sur toutes les classes de la société; cherchons à répandreun généreux esprit d’association, tourné vers l’entreprise des travauxutiles a la patrie. Alors nous verrons se former des liens d’intérêtcommun, d’amitié privée, d’estime particulière, entre tous les rangs,au milieu de tous les partis ; et peut-être la concorde publique, avecla fortune et la force de l’état, seront la conséquence moins éloignéequ’on n’oserait l’espérer, des rapprochements et des associations dontnous voudrions pouvoir, en cet instant, montrer dans tout leur jour,les immenses bienfaits.
Ceci n’est point une vaine utopie. Chez le peuple dont nous étudionsles prospérités, une expérience grande, éclatante, a montré le pouvoir
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