6a FORCE COMMERCIALE.
Un tel revenu, tout immense qu’il est, ne suffit pas auxconstructions neuves et à l’entretien des routes. Les curatèlesont contracté des dettes dont les biens fonciers de chaquecomté répondent. Le montant total de ces dettes , à l’époque de' l’enquête dont le rapport que nous citons donne les résultats, •était de 3 , 874 ? 2 5>4 liv. st., c’est-à-dire que ces dettes équiva-laient alors à quatre années de revenu. On assure que si lemême compte était fait pour le pays de Galles, l’Ecosse etl’Irlande , le montant général de la dette des routes à barrièresirait à sept millions sterlings. La majeure partie de cette énormedette fut contractée pour entreprendre les vastes travaux d’a-mélioration et d’innovation qui donnent un nouveau degré d’u-tilité et de bonté aux voies publiques. Malgré la grandeur de cespremiers sacrifices , telle est la confiance et l’esprit d’entreprisedu propriétaire britannique, que chaque jour on voit, danstoutes les parties des trois royaumes, de nouvelles routes qu’ontrace, d’autres qu’on rectifie, d’autres qu’on améliore. Pourexécuter ces travaux, on continue d’emprunter sur l’hypo-thèque garantie par de nouveaux Actes du parlement. Yoilàce que peut faire l’énergie des habitants, livrée à elle-même,et stimulée par l’émulation d’un généreux patriotisme.
En France , même au milieu d’une paix profonde, à peinele gouvernement parvient-il à donner, pour l’entretien de nosroutes, le tiers des sommes que les citoyens fournissent dansla seule Angleterre qui n’égale pas en superficie le tiers de laFrance ! Et le fruit que les deux pays retirent du bon ou dumauvais état de la voie publique, est parfaitement en rapport.avec une différence aussi frappante, quanta l’étendue des sacri-fices qui sont dus aux citoyens dans un pays, au gouvernementdans l’autre. Quelles raisons pourrions-nous alléguer en faveurde l’industrie particulière, qui fussent plus convaincantes quedes rapprochements établis d’après des faits aussi parlants?...