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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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VOIES PUBLIQUES.

de trouble et de guerre , il est un autre fléau qui frappe nostravaux publics, et qui chez les Anglais ne saurait avoir unetelle influence : c’est la pénurie du trésor. L’étaUde guerre qui $chez tant d’autres nations, interrompt ou du moins ralentitde la manière »la plus fâcheuse, ces travaux d’utilité généraleauxquels ne peut plus suffire un trésor public obéré, l’état deguerre donne à ces mêmes travaux, dans la Grande-Bretagne,un essor plus grand encore, par l’activité qui fait son essence.En abandonnant ces travaux divers, à l’esprit d’entreprise età l’activité des particuliers , le gouvernement britannique aremplacé les efforts et les sacrifices momentanés qu’il eût pufaire avec le superflu des impôts, par les efforts et les sacrificesque la masse entière des citoyens, éclairée 'sur son propre inté-rêt, fait sans relâche, pour ce même intérêt. Ainsi de 1790ài 8 o 5 , intervalle qui comprend quatre années de paix seulement,sur onze années de guerre, on a creusé plus de 5 ©o lieues decanaux, dans la seule Angleterre. C’est environ la moitié dela longueur totale des canaux entrepris depuis soixante ans.....

Combien différent était l’état de nos travaux civils, durantla même époque! Sous les règnes long-temps paisibles deLouis XV et de Louis XVI , de nombreux ouvrages d’utilitégénérale furent exécutés, les uns par le gouvernement, lesautres par des provinces-, des villes, des associations. La révo-lution arrive : on viole le droit de propriété ; on déclare., sansdistinction , que ces ouvrages sont le bien de l’état ; on en dé-pouille les légitimes possesseurs , on en consomme les revenus,on en néglige l’entretien. Une source de richesse, usurpée sihonteusement, est bientôt desséchée *, son épuisement frappede stérilité une foule de branches d’industrie, et ruine descontrées entières. Ajoutons, avec un vrai plaisir, qu’une ad-ministration réparatrice s’est efforcée, selon ses moyens , àfaire disparaître la trace de ces maux.